La gare de Cherbourg: frisquet, bout du monde et ambiance dédiée à l’évocation des transatlantiques. Pas loin du port, mikado de mâts dressés, une grille donne l’impression d’entrer chez M. le directeur. Une vaste maison bourgeoise au sein d’un parc à végétation exotique: original puisque nous frôlons une tour astronomique inachevée (1875), traversons de longues serres exotiques encombrées de lianes et de fougères (1883). Emmanuel Liais était, en effet, astronome, ami de François Arago, titulaire de l’observatoire de Paris et longtemps directeur de celui de Rio. En rentrant au pays le voici élu maire. Il fit don de sa maison en 1900 (avec bibliothèque, jardin et tour) pour y installer un musée. Ce Muséum sera l’héritier du "musée de Cherbourg" créé en 1832 et qui rassemblait peinture, archéologie, histoire naturelle, souvenirs de voyages, monnaies, antiquités et curiosités.
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Au Muséum de Cherbourg. Photo IPKD (tous droits réservés) |
Tout cela est
toujours là, un itinéraire aux pays des merveilles. Dès l’entrée:
colibris sous globe de verre, oiseau de paradis, requin taupe, deux
phoques, la tortue. Pour gagner l’escalier nous passons sous un linteau
supportant une « roussette » des Mers du Sud. Bon début !
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Une grande statue à planter Kanak, au Muséum de Cherbourg. Photo IPKD/ Roger Boulay (tous droits réservés) |
Petit escalier de
bois grinçant, puis le salon chinois (objets de Caton d’Aboville,
seconde guerre de l’opium). Statuettes égyptiennes alignées dans des
vitrines à velours rouge avec éclairage sourd, ambiance de salon à
complots. Nous sommes bien chez Emmanuel Liais: du salon à la chambre,
du cabinet de lecture au studio: un couloir avec l’esquimau dans son
kayak (rapporté en 1836 par Le Brettevillois) et la dent de narval. Tout
y est… Puis les objets kanak! Là le canapé Napoléon III et les sagaies
disposées en panoplies.
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Au Muséum de Cherbourg. Photo IPKD (tous droits réservés) |
Henri Jouan, une
grande figure de la Marine et de l’exploration y fut également
conservateur. Jouan c’est l’épopée de La Reine Blanche (1850 et 1856),
la plus belle des frégates, Dupetit Thouars, le protectorat sur Tahiti,
l’annexion des Marquises, Max Radiguet et ses "Derniers sauvages" et pas
loin observant tout ce remue ménage: Herman Melleville.
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Au Muséum de Cherbourg. Photo IPKD (tous droits réservés) |
Jouan quitta la marine et se consacra à l’étude. Il rassembla auprès de ses collègues les objets qui font désormais les collections de ce précieux Museum. Si vous visitez Cherbourg ne le manquez pas.
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